Présentation du blog

Auteur depuis la sortie, en 2010, de mon premier livre (recueil de nouvelles intitulé Les Délétères, aux éditions Mon Petit Editeur), je me lance aujourd'hui dans l'aventure de la rédaction de mon premier vrai roman après avoir délaissé certains projets par manque de motivation... Ce blog a pour but de m'obliger à produire plus avec d'avantage de suivi de façon à concrétiser ce second projet littéraire.
Ce que vous pouvez donc lire sur ce blog tient d'avantage de l'écriture automatique, d'un premier jet, du Work In Progress que d'une œuvre finie... Le texte connaîtra sans nul doute un tas de modifications à l'avenir...
Bonne Lecture !

P.S.: A chaque nouveau chapitre publié, je m'impose un thème que j'ai choisi mais vous pourrez m'en proposer quand bon vous semblera (tant que cela restera cohérent avec l'histoire) et je m'impose de la musique... En introduction à chaque article je mettrai donc en évidence le thème (dans le titre) et l'artiste que j'écoute...
P.P.S.: La Photo de présentation de ce blog a été prise par M. Vincent RIGAUD pour le site Reims Avant dont vous trouverez un lien ci-contre, vous trouverez la photo originale ICI... Elle a été modifiée par mes soins. Vincent, pardon pour la trahison éhontée mais assumée !

lundi 3 septembre 2012

Chapitre 2 - Des Femmes dans la tête ou sur la peau (Solveig)

Musique : Plusieurs titres de Jamie Lidell en lecture aléatoire.

Elyas arriva essoufflé sur le parvis de la Cathédrale, Elyas pris un temps pour retrouver sa respiration habituelle. Son regard se posa indifféremment sur son environnement. Cela a quand bien changé depuis les "Incidents de Décembre", la végétation surtout. Le parvis s'ouvre sur une large rue bordée d'arbres sur des trottoirs anciennement destinés à accueillir des véhicules motorisés. Le genre de trucs qui s'est raréfié avec les années. Ce jour-là, Elyas constate que les arbres ont crevé l'asphalte de toutes parts, qu'ils se sont considérablement développés... A tel point que les feuillages créaient comme une longue allée en arcs boutants d'un autre âge. Des colonies de corbeaux y avaient élu domicile. On se sent perpétuellement observé par une sorte d'Oracle pétrifiant. L'idée ravit Elyas. L'époque ne lui déplaît pas tant que ça, finalement. Puis il a une petite idée de la raison de la venue de Solveig qui lui greffe un sourire discret.
Solveig, c'est une Roedererienne.
Il y a de cela quatre années, certains groupes de gens bien décidés à ne pas quitter le territoire se sont dit qu'ils gagneraient à investir les caves de champagne pour y fonder leur propre communauté. De ce fait, des touristes, des locaux et quelques vagabonds se sont insérés au sein de ces regroupements et fondent désormais des clans souterrains, quasiment troglodytes. Les Piperois, les Mummesques, les Casanoveurs (qui refusent cette appellation, lui préférant les Stuarts, ils n'ont jamais voulu reconnaître le rachat de la cave datant de plus d'une décennie), les Taittingerois, les Clicotiennes (uniquement constitué de femmes qui se sont tournées vers un catholicisme teinté de couleur d'autres cultures)... Les Roedereriens ont pris place près des Terres de chasse, l'ancien parc Léo Lagrange qui s'est étendu de façon incontrôlable en à peine trois ans et qui accueille une faune grandissante. Les Roedereriens sont majoritairement des locaux qui ne se voyaient pas quitter leurs terres ni leurs vignes. Solveig n'est pas une locale. Petite fille d'émigrés originaires de la République Tchèque, elle est arrivée à Reims il y a environ deux ans. Elle est parisienne, en faite. Sa famille est partie en Argentine selon elle. Là où l'un des ses grands-pères avaient acheté une ferme à la fin du vingtième siècle. Elle a été rejetée par son père parce que ces dernières années elle traînait dans des coins pas vraiment clean. Sans vraiment de moyens pour partir durant l'Exode et souvent à la masse à cause des merdes qu'elle pouvait fumer ou s'injecter alors, elle a décidé d'arrêter ses conneries et elle est venue à pied jusqu'à Reims parce qu'on racontait que c'était un des endroits les plus habités du Nord de la France. Elle s'est rapidement faite acceptée chez les Roedereriens parce qu'elle est mignonne, travailleuse et que la tâche de naissance qui s'étant de la bouche à l'échancrure de son corsage ressemble à une feuille de vigne. Les vieux viticulteurs ont pris ça pour un signe à l'époque. Ils ne s'en sont jamais plaint à la connaissance d'Elyas.

-Qu'est-ce tu branles, mec ? Tu t'bouges le fion, bordel ! Tu sais bien que j'ai d'autres affaires sous le coude... Dépèche toi de ramener ta gueule par ici, je dois passer Place des cadavres après. C'est le jour des courses...

Elyas pressa le pas et la suivit jusqu'à une porte cochère bleue de la rue d'Anjou. Solveig était une fille aux goûts d'Elyas. Un fille comme il en draguait souvent à l'époque. Plutôt grande, assez fine, de charmants petits seins qui se profilaient maladroitement sous une vareuse militaire en lambeaux. De grands yeux sombres, un profil de fille caractérielle, des cheveux clairs et courts en bataille. Sa démarche était constamment volontaire. Sa démarche hypnotisa le jeune homme. Face à la porte bleue écaillée, elle se tourna, ouvra sa veste sur un décolté discret mais charmants.

- Perdons pas de temps. J'ai pas jusqu'à demain.
- T'es pas obligé de me parler comme à tes déjections matinales, tu sais. Je suis pas un mauvais garçon...
- Elyas, merde ! Je te fais pas souvent chier. Mais tu sais que quand je viens c'est parce que j'en ai envie... Non ! J'en ai pas envie, d'ailleurs, j'en ai besoin. Ras le bol de voir les vieux alcoolos en jogging à longueur de journées. T'es le seul type un peu convenable du secteur et encore, je me tape une demie heure de marche pour te trouver, alors merde... On va pas jouer la tendresse.
- Ok !

Elyas se pencha vers elle pour l'embrasser. Elle prit le visage du jeune homme entre ses mains et le força à se plier vers le bas de son corps en susurrant un "joue pas au con, p'tain !"

Les cuisses de la jeune femme ont toujours un goût salé, une saveur de Mer Baltique. Du moins c'est comme ça qu'Elyas s'imagine la Mer Baltique. Parce que la peau de Solveig n'a pas le même goût que celle de la fille de décembre. La brune dont il avait quitter la couche avant les "Incidents"... Solveig avait ce parfum de bois de santal et de guimauve grillée très particulier. D'autant plus avec ce sel piquant l’extrémité de sa langue. Solveig est une sucrerie, une douceur dont on connait le côté néfaste pour son bien-être mais qu'il est tellement doux de humer, de toucher, de goûter, d'ingérer, de s'en délecter. Une sucrerie qu'on regrette toujours un peu parce qu'on a succombé à une tentation déplacée.
C'est une fille sans pitié dont les caresses sont tellement rares qu'elles sont reçus comme des trésors. Peu de tendresse. Juste répondre à la nécessité physique, c'est tout ce qu'elle veut. Il ne faut pas espérer plus. Elyas n'attends rien d'elle. Il aimerait juste ne pas être que le type potable avec qui elle s'éveille les sens. Il aimerait la respirer juste une nuit. La respirer comme il l'avait fait avec la femme de décembre... Toucher négligemment sa peau avant de partir à l'aube naissante. Oui, ça, il aimerait... Pouvoir quitter son épiderme aux premiers rayons solaires.

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