Présentation du blog

Auteur depuis la sortie, en 2010, de mon premier livre (recueil de nouvelles intitulé Les Délétères, aux éditions Mon Petit Editeur), je me lance aujourd'hui dans l'aventure de la rédaction de mon premier vrai roman après avoir délaissé certains projets par manque de motivation... Ce blog a pour but de m'obliger à produire plus avec d'avantage de suivi de façon à concrétiser ce second projet littéraire.
Ce que vous pouvez donc lire sur ce blog tient d'avantage de l'écriture automatique, d'un premier jet, du Work In Progress que d'une œuvre finie... Le texte connaîtra sans nul doute un tas de modifications à l'avenir...
Bonne Lecture !

P.S.: A chaque nouveau chapitre publié, je m'impose un thème que j'ai choisi mais vous pourrez m'en proposer quand bon vous semblera (tant que cela restera cohérent avec l'histoire) et je m'impose de la musique... En introduction à chaque article je mettrai donc en évidence le thème (dans le titre) et l'artiste que j'écoute...
P.P.S.: La Photo de présentation de ce blog a été prise par M. Vincent RIGAUD pour le site Reims Avant dont vous trouverez un lien ci-contre, vous trouverez la photo originale ICI... Elle a été modifiée par mes soins. Vincent, pardon pour la trahison éhontée mais assumée !

vendredi 17 août 2012

Chapitre 1 - Un matin comme les autres ? (partie 01)

Musique : Beyond Aasfard, Demo Juillet 2012 .

Quelques rayons de soleil parvinrent au visage d'Elyas, au travers des stores cassés des salles de conférence situées au sous-sol de la bibliothèque Carnégie. Les premiers de la journée. Ceux qui ne manquèrent pas de mettre en éveil tous les sens du jeune homme. Enfin, jeune... Plus autant qu'il le souhaiterait. En ouvrant un oeil, ce matin-là, il sait qu'il ne pourra plus se dire autre chose qu'un homme d'âge moyen. Malgré que le temps, depuis quatre ans, n'a plus vraiment d'intérêt, il sait qu'en se rendant aux toilettes, pour son besoin naturel journalier, il verrait désormais le regard d'un trentenaire. Sortant de son allitation perpétuellement provisoire avec quelques difficultés, il parvient à se mettre sur pied en quelques secondes, suffisantes pour se rendre compte que le sol est chaque jour plus douloureux... ou bien peut-être est-ce son pied droit qui s'endolorit davantage à chaque réveil. Il jette un oeil sur cette étrange chambre dans laquelle il a élu domicile il y a 782 jours (une barre de plus à tracer dans l'encadrement de la porte, un coup de couteau habile dans le bois décoratif). Ce temporaire depuis longtemps et étrangement, il lui semble que ça ne va pas changer de si tôt. Un coup de balais et un rien de rangement fera l'affaire pour une autre semaine. Ou deux. Ou sûrement plus, on verra.
Elyas se traîne un peu péniblement jusqu'au cabinet de toilettes autrefois publiques. C'est à trois mètres de là, mais le matin cela se présente toujours comme l'équivalent d'un marathon. Le dos fait souffrir, le cou est raide et ces légers maux de tête nocturnes qui n'en finissent pas.
Enfin arrivé devant le miroir, il tire l'eau fraîche au goût de renfermé, s'en asperge abondamment le visage avant de constater qu'il a toujours cette gueule de lui. Juste avec un an de plus. Probablement avec une ride en plus, une zone qui paraît blanchie dans sa chevelure, du moins éclaircie, une couche supplémentaire d'écorce, un peu de mousse rougeâtre, un ou deux feuilles de moins. Cela fait plus d'un an que ça a commencé à pousser sur lui, que cela fait progressivement parti de sa vie, que cela s'impose. Son arbre prend de l'ampleur. Comme tout le monde, Elyas a deux bras, deux jambes, deux yeux, deux narines. Comme un peu moins de la moitié des gens, il a sa paire de couilles, sa paire de mains et de pieds. Et depuis 387 jours (encore une petite scarification sur son mollet gauche, un truc rituel comme un peuple en Guinée qu'il a pu voir en photo dans un vieux numéro de National Geographic), il a cet arbre né en deux brindilles sur le haut du crâne qui se sont développées en deux belles branches. Un arbre dont l'espèce échappait toujours à Elyas comme un organe inconnu et dont l'utilité lui apparaissait sempiternellement mystérieuse.
Comme chaque matin Elyas scrute les nouvelles imperfections de son corps et de son visage. Avec l'âge, le corps est modifié au quotidien. Parfois en bien, parfois en mal. Mais d'une manière générale, il n'avait pas de quoi se plaindre. Il se trouvais plus de charme qu'à vingt ans. Ses muscles sont plus développés avec une harmonie agréable. Ses traits se sont caractérisés. Il se plaît, c'était déjà pas mal.
Mais devant ce miroir, ce jour-là, il ne vit aucun changement particulier. Aucune modification notable de son état. Cela lui donna le sourire. Sans changement, pas de déception ni de ravissement, juste une stabilité rassurante. Son arbre lui semble presque beau. Jusqu'à ce petit truc, un détail insignifiant. Un machin qui aurait pu lui échapper s'il n'avait eut la mauvaise idée de se frotter derrière les oreilles.
Une vieille habitude de gamin, Elyas aimait frotter son index à l'angle que formait ses oreilles avec son crâne. Cet endroit où l'on trouve toujours une légère odeur de pet de bébé. Un tic un peu régressif qui lui faisait penser que non, il n'était pas totalement un monstre, il était toujours une sorte d'humain.
Derrière son oreille droite, un bouton végétal... Aussitôt, il plie son oreille autant qu'il pu afin de voir ce dont il s'agit. Après quelques secondes de démantibulassions en tous genres, il parvient à le voir : un bourgeon avec à son extrémité une couleur proche du zinzolin.
Cette couleur il la connait. Dans l'une de ses vies d'avant, il avait peint les chambres privées d'une boîte libertine dans cette couleur.
Une fleur.
Une fleur pour ses trente ans. Drôle de cadeau de la nature.. ou des "incidents de décembre" pour son anniversaire.

Le sourire chute. Le regard baisse. Une journée de plus...

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